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Archive for deuil et enfant

Une soirée exceptionnelle avec le docteur Jean-Jacques Charbonier

Si vous ne l’avez pas vu ou si vous voulez la revoir, voici la vidéo du live avec le Dr. Jean-Jacques Charbonier traduit en direct par Amanda Castello pour l’émission IT FROM BIT! organisée par RadioSound avec Spazio Tesla.

Nous vous avons déjà informé, dans ce post, sur les recherches et l’histoire personnelle du Dr Charbonier.

 

Jeudi dernier, le Dr Jean-Jacques Charbonier a parlé de ses expériences et de ses recherches sur ce qui se passe après la mort clinique. Nombreux étaient les auditeurs sur RadioSound et les personnes qui ont suivi le live sur Facebook. Des questions provenant d’Italie et de France ont démontré l’immense intérêt suscité par les réflexions du célèbre médecin réanimateur-anesthésiste, auteur de nombreux best-sellers traduits dans le monde entier, l’un des plus grands experts mondiaux en la matière.

 

   

 

Le Dr Charbonier a illustré le concept de la conscience, subdivisé entre « Conscience Analytique Cérébrale CAC » et « Conscience Intuitive Extra-neuronale CIE », une approche de sa création. À l’occasion de ses ateliers sur la Trans Communication Hypnotique TCH, créée par lui avec label protégé, il permet aux personnes d’activer leur Conscience Extraneuronale Intuitive, celle qui favorise la sortie du corps et le contact avec l’autre dimension. Il souligne l’importance que la TCH peut représenter pour l’élaboration du deuil et pour calmer l’angoisse de certains face à la mort. Amanda Castello, fondatrice de l’A.R.T., a participé à l’un de ces ateliers et a témoigné de l’importance de cette merveilleuse expérience.

 

Vous trouvez ici toute l’émission avec le Dr Jean Jacques Charbonier dans la vidéo réalisée par SpazioTesla. À la lumière du succès de cette émission, une nouvelle connexion avec le Dr Charbonier, toujours traduite par Amanda Castello, est prévue pour septembre. Si vous avez des questions ou des réflexions sur le sujet et si vous souhaitez les proposer avant le prochain rendez-vous, envoyez-les par email à : amanda.castello2010@gmail.com

 

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Manifestations de régression de l’enfant en deuil

L’énurésie

 

La mort de l’être aimé, je vous l’ai dit dans mes articles précédents, bouleverse les équilibres, les relations, la communication, les affects…

Comme toute tempête, on assiste à une montée en puissance des émotions, un pic qui peut avoir des conséquences douloureuses sur toute la famille et enfin, un retour à la normalité, une normalité naturellement différente.

Les symptômes de ce chaos sont variés et différents selon les individus. Aucun enfant ou adolescent ne réagit de la même façon. Il est cependant fréquent d’observer des manifestations de régression.

L’énurésie en est une assez fréquente. L’enfant ou l’adolescent, recommence  à faire pipi au lit. Surprise pour les parents. Déshonneur et sentiment d’impuissance pour l’enfant. Honteux , certains craignent le jugement des adultes ou d’être la risée de leurs copains de classe car le problème peut se manifester aussi durant la journée.

Quand l’énurésie se manifeste après que l’enfant ait atteint un contrôle de sa vessie , il s’agit probablement d’un problème affectif. On parle dans ce cas d’énurésie secondaire (par opposition à l’énurésie primaire des bébés et tout petits enfants).

Souvent associée à un sens de culpabilité non énoncé, à une mauvaise estime de soi, à un sentiment de jalousie cachée, à un état de confusion dans lequel l’enfant se retrouve face à une situation qu’il ne sait pas gérer, l’énurésie secondaire est passagère mais doit être comprise et acceptée.

Cela peut représenter pour l’enfant une réponse instinctive à un conflit intérieur dont l’origine peut avoir d’autres causes que la mort (la naissance d’un autre enfant, un divorce, une violence subie, un harcèlement à l’école, la perte d’une amitié, le changement d’établissement scolaire…). Dans le cas présent, la mort d’une personne chérie correspond à tous ces critères.

Que faire ?

Comprendre avant tout le caractère passager de ce phénomène, l’accepter et l’expliquer à l’enfant avec des mots simples. Il est fondamental de le rassurer sur la non gravité de la situation et lui dire clairement qu’il ne doit pas s’inquiéter car cela ne durera pas et que vous l’aimez profondément.

Surtout ne jamais le critiquer, ni lui faire percevoir une irritation ou un jugement, ne pas en parler en public, ne pas commenter ce fait avec d’autres adultes. Pourquoi ne pas traiter cette difficulté comme un « secret » entre vous et lui ?

Rassurer l’enfant en dédramatisant  l’aidera à se détendre et à faire passer plus rapidement ce signe embarrassant de sa souffrance. L’humiliation ou la punition ne ferait que renforcer le mal-être et retarder la solution du problème.

Une autre suggestion que je vous donne est de ne pas obliger l’enfant à porter des couches, il le considérerait comme un acte le rabaissant au niveau des « petits » et augmenterait le délai vers le dénouement. Mettre des protections sur le matelas et changer sans rien dire les draps souillés pourra aider les parents sans perturber l’enfant. C’est un moment à passer avec compréhension, patience et beaucoup d’amour.

 

D’autres exemples de régression

Il existe beaucoup d’autres manifestations de régression liées au travail de deuil de l’enfant. Il me semblait important de souligner l’énurésie qui est parfois délicate à gérer pour les parents. Mais l’est également, l’agressivité soudaine d’un enfant qui semble en colère contre lui-même, contre ses frères et sœurs, les adultes en général et même les objets, représentations symboliques de sa perte affective.

La douleur intérieure peut se révéler par un mutisme soudain de l’enfant. Il ne veut plus parler de la personne décédée, il se bouche les oreilles si on prononce son nom et s’enfuit, se fâche, crie ou pleure.

Ou encore, les caprices augmentent sans raison avec parfois des crises hystériques. Et tant d’autres variantes de ces régressions imprévues…

 

Soyez l’arc-en-ciel après la bourrasque

Ne vous inquiétez pas. Ce sont des phases, des étapes de la fameuse tempête. Soyez là, élément de solidité au cœur des vents émotifs déchaînés. Tenez fermement la barre, rassurez votre petit matelot que tout ira bien, les ouragans finissent toujours par s’essouffler et le calme revient sous le ciel lumineux de votre amour.

 

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Donnez la parole aux enfants !

 

Donner la parole aux enfants est tellement important !
Nous sous-estimons souvent ce qu’ils ont à nous dire. La façon de lire une histoire n’est pas la même pour  l’enfant que pour l’adulte. Ses perceptions, ses ressentis, ses intérêts différent des nôtres.

Dans cette vidéo, vous allez écouter le livre « Padi et l’Aventure de la vie » raconté par des enfants de différents âges, italiens, car le livre existe aussi en italien. Pour le moment ce sont les deux langues dans lesquelles Padi s’est lancée. Un jour peut-être parlera-t-elle d’autres langues européennes… Tous les dialogues et commentaires sont traduits en simultané. La traduction est du mot à mot afin de ne rien modifier au langage de l’enfant. Vous verrez, c’est amusant et tendre.

La première est Anita, une petite fille de huit ans, qui est complètement entrée dans le livre. Padi et tous les personnages lui sont désormais familiers. Ce qui est saisissant, ce sont les parties où Anita insiste, celles qui résonnent en elle. Ses réactions et les mots qu’elle pose nous font sourire « quand un enfant perd un parent, un oncle, une tante, un peu ça l’ennuie, (…) quand un enfant perd un animal, souvent il est triste ». Cela peut surprendre et pourtant le ressenti d’un enfant ne se module pas sur des règles de comportements transmises.

Je n’ai jamais voulu influencer la petite fille en lui posant des questions dans le but de la guider vers ce qui pouvait m’intéresser. Je l’ai laissée libre de parler du livre. Ce sont ses centres d’intérêts, ses curiosités, ses émotions qui ont été les maîtres du jeu. C’est absolument fabuleux.

La même chose s’est passée avec Sonia et son frère Samuel. Chacun a fait le lien entre les aventures que racontait Padi et leur vécu, la perte d’un petit hamster. La maman, Benizia, témoigne aussi  » si j’avais eu le livre Padi et l’Aventure de la vie à l’époque, j’aurais su comment me comporter.  »

La dernière expérience a intéressé de très jeunes enfants, dans une école de danse. Une seule savait lire. Il fut surprenant d’observer les sujets sur lesquels les petites filles s’attardaient, les questions et les associations avec leur vie. Même si jeunes, certaines avaient déjà vécu la perte d’une grand-mère ou d’un animal et le racontaient… à Padi ! Leur professeure de danse, Francesca Volta, en témoigne.

 

Une autre observation intéressante est l’identification des jeunes lectrices et lecteurs au personnage de Padi. Jamais n’est mentionné dans leurs commentaires la personne qui a écrit le livre. L’enfant ne dit pas l’auteur/e dit quele livre raconte… mais Padi est triste… Padi ne sait pas…  L’interaction est totale. Un résultat stupéfiant et comme vous le comprenez bien, c’est une victoire pour l’auteure qui se sent comblée de disparaître derrière son personnage.

La littérature jeunesse – ou la littérature pour la jeunesse – comme on préfère la nommer, devrait atteindre ce but. Créer une fusion entre le livre et l’enfant, un peu comme dans « L’histoire sans fin  » de Michael Ende.

Bonne lecture avec Padi !

 

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Voulez-vous danser avec Padi ?

Aider enfants et adolescents à faire face aux émotions difficiles, à la maladie et à la mort avec la danse

 

Non, ce n’est pas une plaisanterie. Padi vous emmène dans le tourbillon du cycle de la vie, et la danse en fait partie.
Pourquoi la danse ? Je vais vous l’expliquer.

 

Quand j’ai écrit « Padi et l’aventure de la vie » c’était dans le but d’aider les enfants et les adolescents à affronter le thème de la vie sous ses aspects joyeux et tristes. La maladie et la mort et les émotions qui en découlent, en sont partie intégrante.

Je voulais un instrument à mettre entre les mains des jeunes lecteurs, mais aussi utiles pour les adultes qui les suivent : parents, enseignants, soignants et toute personne en rapport avec l’enseignement, la transmission des savoirs et des valeurs.

Ce livre suit un vaste projet, né en Italie et expérimenté dans les écoles « Padi et les Mots murmurés ». Ce projet, né au sein de l’Association A.R.T. (Association Paulo Parra pour la Recherche sur la Fin de Vie) reconnue d’utilité publique que j’ai créée après la mort de mon mari, décédé des suites d’un cancer, a été présenté et approuvé dans des congrès scientifiques comme ceux de la SFAP (Société française d’accompagnement et de soins palliatifs) et la SICP (Société italienne de soins palliatifs).

 

 

Travaillant avec des adultes mais aussi avec des enfants, je me suis rendue compte du vide qui existait dans notre société quant à la gestion des relations affectives lors de la maladie incurable d’un proche, la fin de la vie, la mort, et l’après : c’est-à-dire le travail de deuil. Et si gérer ces situations douloureuses était difficile pour un adulte, cela l’était encore davantage quand il fallait expliquer et accompagner un enfant ou un adolescent. J’ai donc cherché et expérimenté de nouveaux outils pour faciliter la compréhension, l’acceptation et la transformation de la souffrance en une occasion de croissance.

Une constante recherche pédagogique permet l’utilisation de techniques d’approches psychologiques et culturelles appliquées à la gestion des émotions et au soutien au deuil. Elles ont été élaborées par l’équipe que j’ai créée, l’équipe Padi-A.R.T. Le travail, de type expérientiel, est centré sur les émotions, en particulier sur celles liées à des épisodes de souffrance, sur la prise de conscience du Soi et sur l’écoute de l’Autre.

Padi a permis aussi de sensibiliser les jeunes sur les soins palliatifs. Significatives sont les collaborations avec des équipes de soins palliatifs qui ont parfois du mal à trouver l’espace, le temps et les méthodes les plus adéquates pour offrir un soutien adapté aux plus jeunes impliqués dans le drame familial. Le manque de formation spécifique est souvent une limite ressentie par les opérateurs. D’où, le besoin de compter sur la collaboration de professionnels extérieurs compétents et d’instruments de communication simples mais efficaces.

Le parcours PADI – Mots Murmurés, ne pouvait pas répondre à tous ceux qui en avaient besoin. Pour cette raison, parmi les différents outils imaginés, j’ai écrit le livre interactif « Padi et l’aventure de la Vie ». Le but était d’affronter les sujets délicats comme le diagnostique d’une maladie grave, les émotions de la perte et l’irréversibilité de la mort dans une structure narrative et didactique destinée à des jeunes de 6 à 14 ans.

 

Deanna Rossi et Raffaele Filace interprètent « Padi et l’aventure de la vie »

 

Fin du ballet présenté au Centre pour les familles de Piacenza

 

Illustration de certaines scènes du ballet dont l’origine est dans le livre « Padi et l’aventure de la vie »

 

Parmi les instruments pédagogiques
dans mes programmes de formation : la danse

 

Pourquoi ? Parce que c’est une technique artistique immédiate qui facilite la compréhension et communique directement avec le monde des émotions. C’est ainsi qu’a vu le jour un nouveau support pédagogique : une vidéo avec la lecture dansée du livre, plus des entrevues à de jeunes lecteurs et adultes.

La vidéo avec le ballet « Voulez-vous danser avec Padi » est une ressource didactique pour un adulte qui souhaite dialoguer avec les plus jeunes sur les questions sensibles de la maladie et de la fin de vie dans un langage simple, adapté à notre époque et aux modes de compréhension des jeunes, encourageant la manifestation des émotions et leur partage entre grands et petits.

Mais il est également possible d’utiliser juste la partie du ballet, sans lecture du texte, et d’ouvrir ensuite un échange en classe, en famille, dans un groupe de jeunes sur les émotions ressenties et les interprétations des enfants. Une communication valable, au-delà de la langue parlée par une communauté, peut s’établir. C’est une méthode parfaite pour des enfants non ou mal-entendants et leurs proches.

Ce ballet, en deux parties, a été réalisé grâce à la solidarité de membres de l’Association A.R.T., de la compagnie de danse CAD de Piacenza et du metteur en scène Andrea Canepari.

La vidéo complète a été présentée au 3ème Congrès international francophone de soins palliatifs, à Tunis, en octobre 2015 et reprise par de nombreux participants pour l’appliquer dans leurs réalités nationales, ce qui m’a procuré une grande joie. C’est le but de Padi : essaimer et servir au bien des enfants partout où cela est possible.

 

Commentez et divulguez cette vidéo et cet article ! Merci.

 

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C’est le jour de l’enterrement. Que faisons-nous ?

C_est le jour de l’enterrement. Que faisons-nous

 

Voilà la grande question, parmi tant d’autres, que de nombreuses familles se posent. Que faire ?

Les opinions convergent «  ce n’est pas un lieu pour les enfants », « ils ont bien le temps », « ça ne sert à rien », « de toutes façons, ils ne comprennent pas », « ça leur fera plus de mal que de bien » … Mais quel est l’avis de l’enfant ? Lui a-t-on demandé ce qu’il désire faire ? Veut-il aller avec vous ? Préfère-t-il rester à la maison? Aller chez des copains ou des copines ?  Chez une amie des parents ? Quelle est l’opinion de l’enfant ?

Beaucoup pensent encore qu’un enfant n’a pas d’opinion ou tout du moins n’a pas à en avoir. Les parents décident. Les parents « savent » ce qui est bien pour l’enfant. Mais est-ce exact ?

Je reviens encore une fois sur le concept que j’ai déjà développé à plusieurs occasions et que je vais vous illustrer un peu plus dans la vidéo que vous trouverez à la fin de cet article.

L’enfant a un grand « besoin d’appartenance ». La notion d’appartenance est un des piliers dans la construction de l’identité individuelle, de la reconnaissance et de l’identification du sentiment de Soi. C’est une reconnaissance du JE dans le NOUS. L’enfant s’identifie à un groupe qui est le sien et qui s’appelle famille. Il appartient et sent d’appartenir, donc il existe.

 À l’image de la tribu dont je vous parlerai dans la vidéo qui suit, à l’image de la meute de loups déjà mentionnée dans ce parcours que nous faisons ici ensemble, chaque individu reconnaît son appartenance au groupe auquel il s’identifie et dont il partage tous les événements, heureux ou malheureux. Chacun apporte sa contribution dans le processus d’évolution de son propre groupe.

 

emmener l'enfant à l'enterrement ?

 

Sans vouloir aller plus loin dans une réflexion psychologique, philosophique ou même sociologique, l’observation simple d’un enfant dans son milieu naturel permet de comprendre l’importance de ce sentiment d’appartenance. La filiation reconnaît l’appartenance. Les enfants orphelins manifestent des difficultés car leur sentiment d’appartenance est tronqué par cette absence de liens, de partage, d’identité reconnue.

Faisons un rapide excursus dans les phases de l’évolution :

° Entre 3 et 6 ans, l’enfant commence à construire la conscience de lui-même. Il s’agit d’une interaction entre la conscience personnelle – il existe en tant qu’individu – et la conscience sociale, – il existe en tant qu’individu à l’intérieur d’un groupe – sa famille. C’est le moment de l’affirmation du moi.

° Entre 6 et 10 ans, le regard de l’enfant se déplace vers l’extérieur tout en préservant le cordon ombilical rassurant avec son groupe identitaire. Les expériences personnelles sont partagées avec d’autres jeunes individus appartenant à d’autres « tribus » ou « meutes ». L’école étant le lieu privilégié.

 

emmener l'enfant à l'enterrement ?

 

° Entre 10 et 12 ans, c’est l’époque de la préadolescence. Les changements deviennent évidents, dans l’aspect physique, mais aussi dans le développement affectif, intellectuel et relationnel. Le sens devient besoin d’appartenance. Il se déplace de la famille à des groupes privilégiés que le préadolescent va choisir dans le milieu scolaire, sportif, amical, clubs, communautés…

° Entre 12 et 14 ans, c’est le début de la contestation liée à l’affirmation de l’individu et il est plus difficile pour les parents de réussir à les comprendre. Le but est toujours de les aider à développer leur potentiel et dans le même temps de favoriser une intégration de l’individu dans sa nouvelle réalité sociale sans jamais que se manifeste un déchirement avec le groupe d’origine.

Le passage successif porte à la complexe planète de l’adolescence avec sa période de grande instabilité, de transition, de recherche identitaire des choix.

 

C’est dans le cadre de toutes ces étapes qu’il faut réussir à comprendre comment gérer la participation de l’enfant et de l’adolescent à la perte affective qu’il va peut-être être obligé de vivre. Il ne peut et ne doit jamais être exclu. Les suggestions que je vous ai données pour la participation au processus de la fin de la vie d’un être cher sont les mêmes à appliquer dans ce cas. Le problème qui nous intéresse ici est davantage celui des enfants, y compris des préadolescents, car les adolescents sont en mesure de faire leur propre choix et de les imposer souvent à la communauté des adultes.

Les enfants et préadolescents ont besoin d’être accompagnés. Il faut leur expliquer ce qui va se passer, les émotions qu’ils vont éprouver, celles qu’ils vont observer et leur traduire par avance toutes les phases de l’enterrement afin qu’ils soient à même de comprendre et d’intégrer cette expérience. L’important sera ensuite de pouvoir continuer à en parler, répondre aux questions et commencer le travail de deuil.

 

 

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Comment parler de la mort aux enfants _

Comment expliquer les mots techniques médicaux à un enfant ?

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Que répondre aux questions des enfants sur la mort ?

 

Dire ou ne pas dire la vérité ? On en revient toujours à la même question. Une question inévitable à laquelle on ne peut pas échapper et qui requiert une réponse vraie de notre part.

Un vrai casse-tête, me direz-vous ! Certainement, la question à 1 million de dollars car il n’existe ni une seule réponse, ni des lignes-guide  valables pour tous les enfants, même si nous les classons par tranches d’âge. Chaque personne est unique. Chaque enfant est donc unique.

Nous savons aujourd’hui que le petit enfant est beaucoup plus sensible au concept de l’absence, qu’il interprète comme un abandon. Pour lui, la mort est une notion abstraite inconcevable. Nous constatons quotidiennement, et ce dans tous les domaines, que nos enfants ont une maturité beaucoup plus rapide que celle des générations précédentes.

Beaucoup plus tôt, les enfants prennent conscience du caractère irréversible de la mort.

Vers 4/5 ans, cette notion commence à être intégrée : la personne décédée ne revient pas et elle ne reviendra plus jamais. Mais cette situation est encore conçue comme un fait individuel, occasionnel, accidentel.

Vers 6 ou 7 ans, le petit commence à étendre cette prise de conscience au reste des personnes. C’est le caractère d’universalité de la mort qui s’installe. Pour l’enfant, cependant, ne meurent que les personne âgées. Quelques années plus tard, l’enfant va comprendre que la mort n’est pas un fait personnel, ni dû au hasard, mais qu’elle fait partie de la vie.

Tout le processus de la connaissance passe par trois verbes qui illustrent trois étapes fondamentales :  savoircomprendre et enfin accepter.

Le processus du mimétisme est un comportement animal à la base de la compréhension du réel et de son adaptation qui permet ainsi une meilleure intégration de l’individu à son milieu et assure sa sécurité. L’enfant suit le même schéma. Il observe et copie le comportement des adultes les plus proches. C’est là que se joue le rôle fondamental des parents et de toutes les personnes qui interviennent dans son environnement : famille, amis, enseignants, soignants…

L’acceptation ne pourra se faire que si l’enfant a intégré la subdivision du temps dans lequel nous vivons : passé, présent, futur. La mort d’une personne aimée interfère sur ces trois étapes et donc sur la relation de l’enfant avec celle-ci.

Si nous faisons une réflexion sincère sur nos propres comportements, nous nous rendrons compte que nous avons, nous aussi, beaucoup de mal à atteindre la dernière phase de l’acceptation. Ce que l’on appelle le déni est un mécanisme de défense pour bloquer une situation émotive particulièrement douloureuse. La première réaction instinctive, immédiate à l’annonce de la mort d’une personne chérie et de dire « Ce n’est pas vrai ! », « Je n’y crois pas ! », « Vous mentez ! »… Dans le processus de l’élaboration du deuil il est fréquent de voir, entendre ou chercher des signes de la personne décédée. La compréhension mentale de l’événement doit s’harmoniser avec la compréhension et l’acceptation émotionnelles de celui-ci, et c’est beaucoup plus difficile.

L’enfant passe par un processus identique. Souvent se créé en lui une double vision de la réalité. Nous ne la définirons pas de type schizophrénique, mais elle est pourtant assez bien cloisonnée. Dans sa relation vers l’extérieur, utilisant les informations reçues et copiant la conduite des adultes, l’enfant manifestera aux autres sa compréhension que la personne est décédée. Il sait parfaitement qu’elle ne reviendra pas. Il le verbalise en famille et à l’école, mais dans son fort intérieur, il continue à se rapporter à celle-ci comme si elle était  vivante à côté de lui. Cela correspond à une exigence affective, de protection, un refus de l’abandon, à la nécessité d’un pardon… L’enfant, encore plus que l’adulte, a besoin de temps.

Si nous voulons faciliter cette compréhension et acceptation de la nouvelle situation découlant de l’évènement-mort dans la vie d’un enfant, il est indispensable de lui dire la vérité et d’accompagner cette vérité. C’est la raison pour laquelle il est fondamental de ne pas inventer des histoires abracadabrantes que l’enfant prendra comme vérité et qui l’éloigneront de l’adulte peu à peu.

Lui raconter que sa grand-mère s’est endormie d’un très long sommeil lui rappellera peut-être l’histoire de la Belle au bois dormant, mais risque surtout de lui créer des problèmes d’insomnie, de refus de s’endormir pour ne pas risquer de finir comme la grand-mère.

Lui dire que son petit frère est allé jouer avec les anges peut-être source d’un sens de culpabilité puisque l’enfant ne peut pas comprendre pourquoi LUI n’a pas été choisi pour aller jouer avec les anges.

Lui dire que son père, ou sa mère, est parti pour un long voyage peut donner lieu à la manifestation d’un syndrome de l’abandon renforcé par un sens de culpabilité.

 

Que répondre aux questions des enfants sur la mort ?

 

Les exemples sont infinis. Croyant bien faire et protéger l’enfant, nous commettons souvent des erreurs dont l’enfant conservera des traces et dont les effets se feront sentir tout au long de son développement. Ce sont des situations très délicates qui demandent beaucoup de doigté et d’amour, et quand cela est nécessaire de se faire aider par des personnes compétentes.

 

Parlons-en si vous le voulez dans cette courte vidéo.

 

 

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Comment parler de la mort aux enfants ? Vidéo

Comment parler de la mort aux enfants _

 

Personne n’a jamais possédé la recette magique pour savoir comment parler de la mort aux enfants. C’est l’une des questions les plus difficiles et parmi les plus embarrassantes que nous nous trouvons un jour à affronter. Et, croyez-moi, dans ce domaine, nous marchons tous en équilibre avec la sensation de risquer à tout moment de finir au fond d’une crevasse pour avoir répondu trop brusquement ou de finir englué dans le marécage de nos mensonges et des fameux « non-dits ».

Pourquoi, me direz-vous ? Probablement, parce que nous avons déjà vécu, enfant, la même situation. Parce que nos parents n’ont pas su nous expliquer ce qui se passait. Chacun de nous a, en général, la tentation de reproduire ce que nous avons appris ou vécu, faute de mieux. Et si les réponses que nous avons reçues ont été du genre « tu es trop jeune pour comprendre », « tu comprendras plus tard », « c’est un problème de grands »…. il est certain que nos doutes et nos questions d’enfants non résolues sont restés ancrés dans notre mémoire influençant notre comportement actuel et nous ne savons pas aujourd’hui comment parler de la mort aux enfants.

L’enfant est curieux de nature et la curiosité est l’outil de la découverte et du développement. La curiosité lui permet d’appréhender la réalité, de la comprendre et d’interagir. C’est ainsi que l’enfant trouvera sa place et son rôle.

Que faire alors? Se mettre à l’écoute de ses demandes, lui permettre d’exprimer ses peurs, ne pas craindre de laisser transparaître les vôtres, lui montrer d’autres personnages, d’autres situations et lui faire voir les liens qui existent pour comprendre le phénomène de la transformation de la vie: naître, grandir, vieillir, mourir.

 

Comment parler de la mort aux enfants

 

La comparaison entre le cycle de la vie animale et humaine est aisée à comprendre. Dans cette vidéo je vous propose un exemple qui vous permettra d’entamer un dialogue avec l’enfant et répondre à ses questions.

 

 

 

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Dites-moi s’il y a des questions qui vous préoccupent ?

J’ai besoin de votre opinion.

Beaucoup d’entre-vous me connaissent et savent que je travaille en soins palliatifs et accompagnement en fin de vie et que je tiens des formations pour le personnel soignant et les bénévoles. J’offre aussi des soutiens individuels pour des adultes et pour les enfants.

 

Comment parler de la vie et de la mort aux enfants vidéos

 

J’ai réalisé de courtes vidéos sur des sujets délicats que nous nous trouvons toutes et tous, un jour ou l’autre, à affronter avec les plus jeunes : la maladie, l’accident, la vieillesse et ses troubles, la fin de la vie, le deuil…

Comment parler de ces arguments souvent tabous ?

Comment ne pas mentir tout en préservant l’enfant ?

Comment l’accompagner en douceur dans la compréhension des pertes qui jalonnent l’existence, y compris celles des animaux ?

 

Ces questions ne sont pas seulement destinées à notre rapport aux enfants mais à nous-mêmes car ces situations sont toujours difficiles à vivre.

 

Je vous propose la vidéo introductive.

 

Voici les thèmes des prochaines vidéos. Je les publierai chaque mardi :

  1. Comment parler de la vie et de la mort aux enfants
  2. Comment parler avec l’enfant de la maladie grave et de la mort ?
    Expliquer les mots  techniques médicaux
  3. Comment répondre aux questions des enfants portant sur la mort ?
  4. Est-il bon d’emmener l’enfant visiter une personne en fin de vie ?
  5. Est-il bon d’emmener l’enfant à l’enterrement ?
  6. Enfant en deuil : ressources utiles pour l’aider
  7. Comment expliquer la mort d’un animal à un enfant ?
  8. Comment éviter le sens de culpabilité d’un enfant ?

 

Dites-moi s’il y a d’autres questions que vous aimeriez que je traite.
Vous pouvez écrire 
vos commentaires ci-dessous  ou, si vous préférez,
faites-le depuis ma page Facebook. 

J’attends vos réponses et vous remercie.

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Une barrière refermée à jamais…

Padi enfant deuil parents cimetière

Ils s’appellaient Ophélia, Loïc, Alan, Yonas, Diogo, Teddy et ils ne sont plus avec nous. Ils étaient dans le bus scolaire. Neuf de leurs amis sont encore en très grand danger.

Et puis il y a les autres, gravement blessés, mutilés, lacérés, choqués… et puis, il y en a encore d’autres, passagers du bus scolaire qui suivait, spectateurs malgré eux d’une tragédie évitée, médusés, bouleversés, terrorisés… Et puis, il y a les parents, les amis, les enseignants, les voisins, les habitants de la ville, des alentours, de la région, brisés, consternés… Et enfin, il y a nous, les inconnus, éloignés de Millas, stupéfaits, émus, impuissants devant leur écran de télévision ou celui de leur ordinateur.

J’ai pris du temps pour écrire et partager avec vous une réflexion, car la hâte est mauvaise conseillère. Il ne nous appartient pas de savoir si la barrière était levée ou fermée, mais de comprendre que la barrière, à jamais refermée, s’est abattue sur leur cœur, coinçant leur mémoire dans ses mâchoires.

Que faire ? Au-delà des blessures du corps, celles de l’âme sont très longues à cicatriser. Un long parcours attend enfants et parents. Il faut du temps, beaucoup de temps. Et rien ne sera jamais plus comme avant.

Que faire ? Se mettre à l’écoute, avec patience, sans forcer, sans questionner. Laisser venir… les mots, les pleurs, les cris, la colère, la douleur, les silences, l’absence. Ne pas juger, ne pas suggérer, ne pas chercher à savoir, permettre aux besoins de s’exprimer, comme ils le peuvent. Rien n’est plus délicat que l’accompagnement de l’Autre. Accompagner signifie aller à la vitesse de l’Autre, là où il choisit d’aller et non là où je crois il serait mieux d’aller.

 

padi enfant doutes angoisse mort

Un accident comme celui-ci porte un traumatisme qui ne s’effacera jamais. C’est un deuil très lourd à porter. Peut-être le premier deuil de ces enfants. Plus fragilisées encore par leur jeune âge, les jeunes victimes de Millas passent par le même sens d’égarement, d’incompréhension, de peurs, d’angoisse que celles des attentats du 13 novembre.

Parfois, les réactions post traumatiques peuvent être différées. C’est une capacité qui appartient à l’enfant et au jeune adolescent de suspendre ses émotions dans le temps et dans l’espace. Faire comme si… mais les émotions confinées réapparaîtront plus tard, et parfois même violemment.

Il est important de respecter chaque enfant et de lui laisser l’initiative de la demande mais l’observation de son comportement, des changements éventuels dans ses réactions, habitudes, goûts etc. est fondamental. C’est naturellement du ressort des parents et des psychologues de la cellule d’aide aux victimes déjà en place à Millas.

Padi enfant cimetière

Et nous qui sommes loin ? Que faire contre une barrière refermée à jamais ?
Envoyer de l’énergie positive, des pensées d’amour et des prières et… ne pas les oublier.

Amanda Castello, auteure de  » Padi et l’Aventure de la Vie « 

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« Padi et l’aventure de la vie » : comment est structuré le livre?

Padi et l’aventure de la vie est divisé en courts chapitres :

Comment lire le livre

Le jeune lecteur, enfant ou adolescent, peut choisir de lire Padi et l’aventure de la vie tout seul, en omettant les rubriques À toi de jouer et Les conseils de Padi. Il entrera de ce fait directement dans l’histoire. Ces deux rubriques sont parallèles au texte principal de Padi et l’aventure de la vie.

Conçus pour venir en aide sur l’histoire elle-même, elles utilisent deux méthodes différentes, mais avec le même objectif : faire participer l’enfant, éveiller sa curiosité, favoriser sa compréhension, augmenter son patrimoine de connaissances, déclencher son esprit critique et renforcer sa confiance en lui.

 

Chacun de ces tiroirs est identifié par un symbole graphique qui renvoie au chapitre pertinent du livre.

rubrique À toi de jouer

À toi de jouer

Les conseils de Padi

 

La rubrique : À toi de jouer !

Elle suggère à l’enfant une intervention directe grâce à des questions et à des jeux pour solliciter chez lui une réflexion et une interaction constante avec l’histoire, s’il le désire. Certaines questions se réfèrent à des connaissances, d’autres à des opinions. Sont utilisées aussi bien l’écriture que des techniques graphiques. L’enfant est invité à raconter des épisodes de son vécu et à illustrer ses émotions par le dessin.

 

 

Quelques pages blanches offrent un espace supplémentaire pour élargir les frontières de l’imagination. Il est possible d’écrire, de dessiner et, naturellement, de détacher ces feuilles pour les envoyer à Padi ! Padi et l’aventure de la vie intéressera particulièrement le lecteur adulte résolu à accompagner l’enfant dans son observation de la vie et de la mort.

 

La rubrique : Les conseils de Padi

Informations, recettes, adresses, sites web, suggestions garnissent les pages de Les conseils de Padi. Le but est de donner des guides au lecteur, selon son âge et ses attentes. Son désir d’explorer la nature (informations sur le WWF, la LPO, les plumes des oiseaux, la migration, le braconnage, la métamorphose, l’origine du poirier…) n’en est que facilité. Il y trouve une explication simple et aisément accessible sur des techniques et des pratiques dans le domaine de la santé (échographie, anesthésie, stérilisation, vaccins, métastases…) et des éclaircissements sur certaines pages de la vie (le cycle de la vie, la naissance et la mort, les funérailles). Chaque élément est référencé et des sites conduisent à de nouvelles connaissances.

 

 

Toutes les zones d’ombre sont éclairées. Aucun thème n’est interdit. L’important est que l’enfant trouve ici des réponses exactes qu’il puisse comprendre et éviter ainsi que les non-réponses, les non-dits, les pas-dit alimentent doutes et peurs. Grâce aux conseils de Padi,  le lecteur, petit ou grand, est invité à entrer dans la dimension de la vérité portant sur quelques réalités délicates – comme la mort, la préparation du corps, le rôle de l’entreprise de Pompes Funèbres et les funérailles – avec simplicité. Les termes utilisés sont soigneusement choisis pour ne pas heurter les sensibilités. Le but est d’établir une communication franche, favorisant ainsi une ouverture sur tous les aspects de l’existence, sans exclusion d’aucune, et encore moins de la mort. Le dialogue avec l’enfant s’en trouve soutenu. À la fin de l’ouvrage, une courte bibliographie enrichira les connaissances des petits et des grands.

 

 

 

Il n’est pas proposé d’interprétation de nature religieuse afin que ce livre puisse servir à tout enfant ou adolescent, indépendamment de sa matrice religieuse, philosophique ou spirituelle. Chaque famille reste libre d’y apporter tout complément qu’elle jugera nécessaire. Ce travail vise à aider les enfants et les jeunes en général à surmonter difficultés, souffrances et traumatismes que beaucoup d’entre nous avons vécus – et subissons peut-être encore – pour ne pas avoir reçu les outils nécessaires. Le projet part d’une noble intention, le résultat est laissé à l’appréciation des lecteurs.

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