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Archive for blessés

Une barrière refermée à jamais…

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Ils s’appellaient Ophélia, Loïc, Alan, Yonas, Diogo, Teddy et ils ne sont plus avec nous. Ils étaient dans le bus scolaire. Neuf de leurs amis sont encore en très grand danger.

Et puis il y a les autres, gravement blessés, mutilés, lacérés, choqués… et puis, il y en a encore d’autres, passagers du bus scolaire qui suivait, spectateurs malgré eux d’une tragédie évitée, médusés, bouleversés, terrorisés… Et puis, il y a les parents, les amis, les enseignants, les voisins, les habitants de la ville, des alentours, de la région, brisés, consternés… Et enfin, il y a nous, les inconnus, éloignés de Millas, stupéfaits, émus, impuissants devant leur écran de télévision ou celui de leur ordinateur.

J’ai pris du temps pour écrire et partager avec vous une réflexion, car la hâte est mauvaise conseillère. Il ne nous appartient pas de savoir si la barrière était levée ou fermée, mais de comprendre que la barrière, à jamais refermée, s’est abattue sur leur cœur, coinçant leur mémoire dans ses mâchoires.

Que faire ? Au-delà des blessures du corps, celles de l’âme sont très longues à cicatriser. Un long parcours attend enfants et parents. Il faut du temps, beaucoup de temps. Et rien ne sera jamais plus comme avant.

Que faire ? Se mettre à l’écoute, avec patience, sans forcer, sans questionner. Laisser venir… les mots, les pleurs, les cris, la colère, la douleur, les silences, l’absence. Ne pas juger, ne pas suggérer, ne pas chercher à savoir, permettre aux besoins de s’exprimer, comme ils le peuvent. Rien n’est plus délicat que l’accompagnement de l’Autre. Accompagner signifie aller à la vitesse de l’Autre, là où il choisit d’aller et non là où je crois il serait mieux d’aller.

 

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Un accident comme celui-ci porte un traumatisme qui ne s’effacera jamais. C’est un deuil très lourd à porter. Peut-être le premier deuil de ces enfants. Plus fragilisées encore par leur jeune âge, les jeunes victimes de Millas passent par le même sens d’égarement, d’incompréhension, de peurs, d’angoisse que celles des attentats du 13 novembre.

Parfois, les réactions post traumatiques peuvent être différées. C’est une capacité qui appartient à l’enfant et au jeune adolescent de suspendre ses émotions dans le temps et dans l’espace. Faire comme si… mais les émotions confinées réapparaîtront plus tard, et parfois même violemment.

Il est important de respecter chaque enfant et de lui laisser l’initiative de la demande mais l’observation de son comportement, des changements éventuels dans ses réactions, habitudes, goûts etc. est fondamental. C’est naturellement du ressort des parents et des psychologues de la cellule d’aide aux victimes déjà en place à Millas.

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Et nous qui sommes loin ? Que faire contre une barrière refermée à jamais ?
Envoyer de l’énergie positive, des pensées d’amour et des prières et… ne pas les oublier.

Amanda Castello, auteure de  » Padi et l’Aventure de la Vie « 

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