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Archive for compréhension de la mort à 13 ans

C’est le jour de l’enterrement. Que faisons-nous ?

C_est le jour de l’enterrement. Que faisons-nous

 

Voilà la grande question, parmi tant d’autres, que de nombreuses familles se posent. Que faire ?

Les opinions convergent «  ce n’est pas un lieu pour les enfants », « ils ont bien le temps », « ça ne sert à rien », « de toutes façons, ils ne comprennent pas », « ça leur fera plus de mal que de bien » … Mais quel est l’avis de l’enfant ? Lui a-t-on demandé ce qu’il désire faire ? Veut-il aller avec vous ? Préfère-t-il rester à la maison? Aller chez des copains ou des copines ?  Chez une amie des parents ? Quelle est l’opinion de l’enfant ?

Beaucoup pensent encore qu’un enfant n’a pas d’opinion ou tout du moins n’a pas à en avoir. Les parents décident. Les parents « savent » ce qui est bien pour l’enfant. Mais est-ce exact ?

Je reviens encore une fois sur le concept que j’ai déjà développé à plusieurs occasions et que je vais vous illustrer un peu plus dans la vidéo que vous trouverez à la fin de cet article.

L’enfant a un grand « besoin d’appartenance ». La notion d’appartenance est un des piliers dans la construction de l’identité individuelle, de la reconnaissance et de l’identification du sentiment de Soi. C’est une reconnaissance du JE dans le NOUS. L’enfant s’identifie à un groupe qui est le sien et qui s’appelle famille. Il appartient et sent d’appartenir, donc il existe.

 À l’image de la tribu dont je vous parlerai dans la vidéo qui suit, à l’image de la meute de loups déjà mentionnée dans ce parcours que nous faisons ici ensemble, chaque individu reconnaît son appartenance au groupe auquel il s’identifie et dont il partage tous les événements, heureux ou malheureux. Chacun apporte sa contribution dans le processus d’évolution de son propre groupe.

 

emmener l'enfant à l'enterrement ?

 

Sans vouloir aller plus loin dans une réflexion psychologique, philosophique ou même sociologique, l’observation simple d’un enfant dans son milieu naturel permet de comprendre l’importance de ce sentiment d’appartenance. La filiation reconnaît l’appartenance. Les enfants orphelins manifestent des difficultés car leur sentiment d’appartenance est tronqué par cette absence de liens, de partage, d’identité reconnue.

Faisons un rapide excursus dans les phases de l’évolution :

° Entre 3 et 6 ans, l’enfant commence à construire la conscience de lui-même. Il s’agit d’une interaction entre la conscience personnelle – il existe en tant qu’individu – et la conscience sociale, – il existe en tant qu’individu à l’intérieur d’un groupe – sa famille. C’est le moment de l’affirmation du moi.

° Entre 6 et 10 ans, le regard de l’enfant se déplace vers l’extérieur tout en préservant le cordon ombilical rassurant avec son groupe identitaire. Les expériences personnelles sont partagées avec d’autres jeunes individus appartenant à d’autres « tribus » ou « meutes ». L’école étant le lieu privilégié.

 

emmener l'enfant à l'enterrement ?

 

° Entre 10 et 12 ans, c’est l’époque de la préadolescence. Les changements deviennent évidents, dans l’aspect physique, mais aussi dans le développement affectif, intellectuel et relationnel. Le sens devient besoin d’appartenance. Il se déplace de la famille à des groupes privilégiés que le préadolescent va choisir dans le milieu scolaire, sportif, amical, clubs, communautés…

° Entre 12 et 14 ans, c’est le début de la contestation liée à l’affirmation de l’individu et il est plus difficile pour les parents de réussir à les comprendre. Le but est toujours de les aider à développer leur potentiel et dans le même temps de favoriser une intégration de l’individu dans sa nouvelle réalité sociale sans jamais que se manifeste un déchirement avec le groupe d’origine.

Le passage successif porte à la complexe planète de l’adolescence avec sa période de grande instabilité, de transition, de recherche identitaire des choix.

 

C’est dans le cadre de toutes ces étapes qu’il faut réussir à comprendre comment gérer la participation de l’enfant et de l’adolescent à la perte affective qu’il va peut-être être obligé de vivre. Il ne peut et ne doit jamais être exclu. Les suggestions que je vous ai données pour la participation au processus de la fin de la vie d’un être cher sont les mêmes à appliquer dans ce cas. Le problème qui nous intéresse ici est davantage celui des enfants, y compris des préadolescents, car les adolescents sont en mesure de faire leur propre choix et de les imposer souvent à la communauté des adultes.

Les enfants et préadolescents ont besoin d’être accompagnés. Il faut leur expliquer ce qui va se passer, les émotions qu’ils vont éprouver, celles qu’ils vont observer et leur traduire par avance toutes les phases de l’enterrement afin qu’ils soient à même de comprendre et d’intégrer cette expérience. L’important sera ensuite de pouvoir continuer à en parler, répondre aux questions et commencer le travail de deuil.

 

 

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