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Archive for compréhension de la mort à 6 ans

C’est le jour de l’enterrement. Que faisons-nous ?

C_est le jour de l’enterrement. Que faisons-nous

 

Voilà la grande question, parmi tant d’autres, que de nombreuses familles se posent. Que faire ?

Les opinions convergent «  ce n’est pas un lieu pour les enfants », « ils ont bien le temps », « ça ne sert à rien », « de toutes façons, ils ne comprennent pas », « ça leur fera plus de mal que de bien » … Mais quel est l’avis de l’enfant ? Lui a-t-on demandé ce qu’il désire faire ? Veut-il aller avec vous ? Préfère-t-il rester à la maison? Aller chez des copains ou des copines ?  Chez une amie des parents ? Quelle est l’opinion de l’enfant ?

Beaucoup pensent encore qu’un enfant n’a pas d’opinion ou tout du moins n’a pas à en avoir. Les parents décident. Les parents « savent » ce qui est bien pour l’enfant. Mais est-ce exact ?

Je reviens encore une fois sur le concept que j’ai déjà développé à plusieurs occasions et que je vais vous illustrer un peu plus dans la vidéo que vous trouverez à la fin de cet article.

L’enfant a un grand « besoin d’appartenance ». La notion d’appartenance est un des piliers dans la construction de l’identité individuelle, de la reconnaissance et de l’identification du sentiment de Soi. C’est une reconnaissance du JE dans le NOUS. L’enfant s’identifie à un groupe qui est le sien et qui s’appelle famille. Il appartient et sent d’appartenir, donc il existe.

 À l’image de la tribu dont je vous parlerai dans la vidéo qui suit, à l’image de la meute de loups déjà mentionnée dans ce parcours que nous faisons ici ensemble, chaque individu reconnaît son appartenance au groupe auquel il s’identifie et dont il partage tous les événements, heureux ou malheureux. Chacun apporte sa contribution dans le processus d’évolution de son propre groupe.

 

emmener l'enfant à l'enterrement ?

 

Sans vouloir aller plus loin dans une réflexion psychologique, philosophique ou même sociologique, l’observation simple d’un enfant dans son milieu naturel permet de comprendre l’importance de ce sentiment d’appartenance. La filiation reconnaît l’appartenance. Les enfants orphelins manifestent des difficultés car leur sentiment d’appartenance est tronqué par cette absence de liens, de partage, d’identité reconnue.

Faisons un rapide excursus dans les phases de l’évolution :

° Entre 3 et 6 ans, l’enfant commence à construire la conscience de lui-même. Il s’agit d’une interaction entre la conscience personnelle – il existe en tant qu’individu – et la conscience sociale, – il existe en tant qu’individu à l’intérieur d’un groupe – sa famille. C’est le moment de l’affirmation du moi.

° Entre 6 et 10 ans, le regard de l’enfant se déplace vers l’extérieur tout en préservant le cordon ombilical rassurant avec son groupe identitaire. Les expériences personnelles sont partagées avec d’autres jeunes individus appartenant à d’autres « tribus » ou « meutes ». L’école étant le lieu privilégié.

 

emmener l'enfant à l'enterrement ?

 

° Entre 10 et 12 ans, c’est l’époque de la préadolescence. Les changements deviennent évidents, dans l’aspect physique, mais aussi dans le développement affectif, intellectuel et relationnel. Le sens devient besoin d’appartenance. Il se déplace de la famille à des groupes privilégiés que le préadolescent va choisir dans le milieu scolaire, sportif, amical, clubs, communautés…

° Entre 12 et 14 ans, c’est le début de la contestation liée à l’affirmation de l’individu et il est plus difficile pour les parents de réussir à les comprendre. Le but est toujours de les aider à développer leur potentiel et dans le même temps de favoriser une intégration de l’individu dans sa nouvelle réalité sociale sans jamais que se manifeste un déchirement avec le groupe d’origine.

Le passage successif porte à la complexe planète de l’adolescence avec sa période de grande instabilité, de transition, de recherche identitaire des choix.

 

C’est dans le cadre de toutes ces étapes qu’il faut réussir à comprendre comment gérer la participation de l’enfant et de l’adolescent à la perte affective qu’il va peut-être être obligé de vivre. Il ne peut et ne doit jamais être exclu. Les suggestions que je vous ai données pour la participation au processus de la fin de la vie d’un être cher sont les mêmes à appliquer dans ce cas. Le problème qui nous intéresse ici est davantage celui des enfants, y compris des préadolescents, car les adolescents sont en mesure de faire leur propre choix et de les imposer souvent à la communauté des adultes.

Les enfants et préadolescents ont besoin d’être accompagnés. Il faut leur expliquer ce qui va se passer, les émotions qu’ils vont éprouver, celles qu’ils vont observer et leur traduire par avance toutes les phases de l’enterrement afin qu’ils soient à même de comprendre et d’intégrer cette expérience. L’important sera ensuite de pouvoir continuer à en parler, répondre aux questions et commencer le travail de deuil.

 

 

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Comment parler de la mort aux enfants _

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Que répondre aux questions des enfants sur la mort ?

 

Dire ou ne pas dire la vérité ? On en revient toujours à la même question. Une question inévitable à laquelle on ne peut pas échapper et qui requiert une réponse vraie de notre part.

Un vrai casse-tête, me direz-vous ! Certainement, la question à 1 million de dollars car il n’existe ni une seule réponse, ni des lignes-guide  valables pour tous les enfants, même si nous les classons par tranches d’âge. Chaque personne est unique. Chaque enfant est donc unique.

Nous savons aujourd’hui que le petit enfant est beaucoup plus sensible au concept de l’absence, qu’il interprète comme un abandon. Pour lui, la mort est une notion abstraite inconcevable. Nous constatons quotidiennement, et ce dans tous les domaines, que nos enfants ont une maturité beaucoup plus rapide que celle des générations précédentes.

Beaucoup plus tôt, les enfants prennent conscience du caractère irréversible de la mort.

Vers 4/5 ans, cette notion commence à être intégrée : la personne décédée ne revient pas et elle ne reviendra plus jamais. Mais cette situation est encore conçue comme un fait individuel, occasionnel, accidentel.

Vers 6 ou 7 ans, le petit commence à étendre cette prise de conscience au reste des personnes. C’est le caractère d’universalité de la mort qui s’installe. Pour l’enfant, cependant, ne meurent que les personne âgées. Quelques années plus tard, l’enfant va comprendre que la mort n’est pas un fait personnel, ni dû au hasard, mais qu’elle fait partie de la vie.

Tout le processus de la connaissance passe par trois verbes qui illustrent trois étapes fondamentales :  savoircomprendre et enfin accepter.

Le processus du mimétisme est un comportement animal à la base de la compréhension du réel et de son adaptation qui permet ainsi une meilleure intégration de l’individu à son milieu et assure sa sécurité. L’enfant suit le même schéma. Il observe et copie le comportement des adultes les plus proches. C’est là que se joue le rôle fondamental des parents et de toutes les personnes qui interviennent dans son environnement : famille, amis, enseignants, soignants…

L’acceptation ne pourra se faire que si l’enfant a intégré la subdivision du temps dans lequel nous vivons : passé, présent, futur. La mort d’une personne aimée interfère sur ces trois étapes et donc sur la relation de l’enfant avec celle-ci.

Si nous faisons une réflexion sincère sur nos propres comportements, nous nous rendrons compte que nous avons, nous aussi, beaucoup de mal à atteindre la dernière phase de l’acceptation. Ce que l’on appelle le déni est un mécanisme de défense pour bloquer une situation émotive particulièrement douloureuse. La première réaction instinctive, immédiate à l’annonce de la mort d’une personne chérie et de dire « Ce n’est pas vrai ! », « Je n’y crois pas ! », « Vous mentez ! »… Dans le processus de l’élaboration du deuil il est fréquent de voir, entendre ou chercher des signes de la personne décédée. La compréhension mentale de l’événement doit s’harmoniser avec la compréhension et l’acceptation émotionnelles de celui-ci, et c’est beaucoup plus difficile.

L’enfant passe par un processus identique. Souvent se créé en lui une double vision de la réalité. Nous ne la définirons pas de type schizophrénique, mais elle est pourtant assez bien cloisonnée. Dans sa relation vers l’extérieur, utilisant les informations reçues et copiant la conduite des adultes, l’enfant manifestera aux autres sa compréhension que la personne est décédée. Il sait parfaitement qu’elle ne reviendra pas. Il le verbalise en famille et à l’école, mais dans son fort intérieur, il continue à se rapporter à celle-ci comme si elle était  vivante à côté de lui. Cela correspond à une exigence affective, de protection, un refus de l’abandon, à la nécessité d’un pardon… L’enfant, encore plus que l’adulte, a besoin de temps.

Si nous voulons faciliter cette compréhension et acceptation de la nouvelle situation découlant de l’évènement-mort dans la vie d’un enfant, il est indispensable de lui dire la vérité et d’accompagner cette vérité. C’est la raison pour laquelle il est fondamental de ne pas inventer des histoires abracadabrantes que l’enfant prendra comme vérité et qui l’éloigneront de l’adulte peu à peu.

Lui raconter que sa grand-mère s’est endormie d’un très long sommeil lui rappellera peut-être l’histoire de la Belle au bois dormant, mais risque surtout de lui créer des problèmes d’insomnie, de refus de s’endormir pour ne pas risquer de finir comme la grand-mère.

Lui dire que son petit frère est allé jouer avec les anges peut-être source d’un sens de culpabilité puisque l’enfant ne peut pas comprendre pourquoi LUI n’a pas été choisi pour aller jouer avec les anges.

Lui dire que son père, ou sa mère, est parti pour un long voyage peut donner lieu à la manifestation d’un syndrome de l’abandon renforcé par un sens de culpabilité.

 

Que répondre aux questions des enfants sur la mort ?

 

Les exemples sont infinis. Croyant bien faire et protéger l’enfant, nous commettons souvent des erreurs dont l’enfant conservera des traces et dont les effets se feront sentir tout au long de son développement. Ce sont des situations très délicates qui demandent beaucoup de doigté et d’amour, et quand cela est nécessaire de se faire aider par des personnes compétentes.

 

Parlons-en si vous le voulez dans cette courte vidéo.

 

 

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