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Archive for émotions

Voulez-vous danser avec Padi ?

Aider enfants et adolescents à faire face aux émotions difficiles, à la maladie et à la mort avec la danse

 

Non, ce n’est pas une plaisanterie. Padi vous emmène dans le tourbillon du cycle de la vie, et la danse en fait partie.
Pourquoi la danse ? Je vais vous l’expliquer.

 

Quand j’ai écrit « Padi et l’aventure de la vie » c’était dans le but d’aider les enfants et les adolescents à affronter le thème de la vie sous ses aspects joyeux et tristes. La maladie et la mort et les émotions qui en découlent, en sont partie intégrante.

Je voulais un instrument à mettre entre les mains des jeunes lecteurs, mais aussi utiles pour les adultes qui les suivent : parents, enseignants, soignants et toute personne en rapport avec l’enseignement, la transmission des savoirs et des valeurs.

Ce livre suit un vaste projet, né en Italie et expérimenté dans les écoles « Padi et les Mots murmurés ». Ce projet, né au sein de l’Association A.R.T. (Association Paulo Parra pour la Recherche sur la Fin de Vie) reconnue d’utilité publique que j’ai créée après la mort de mon mari, décédé des suites d’un cancer, a été présenté et approuvé dans des congrès scientifiques comme ceux de la SFAP (Société française d’accompagnement et de soins palliatifs) et la SICP (Société italienne de soins palliatifs).

 

 

Travaillant avec des adultes mais aussi avec des enfants, je me suis rendue compte du vide qui existait dans notre société quant à la gestion des relations affectives lors de la maladie incurable d’un proche, la fin de la vie, la mort, et l’après : c’est-à-dire le travail de deuil. Et si gérer ces situations douloureuses était difficile pour un adulte, cela l’était encore davantage quand il fallait expliquer et accompagner un enfant ou un adolescent. J’ai donc cherché et expérimenté de nouveaux outils pour faciliter la compréhension, l’acceptation et la transformation de la souffrance en une occasion de croissance.

Une constante recherche pédagogique permet l’utilisation de techniques d’approches psychologiques et culturelles appliquées à la gestion des émotions et au soutien au deuil. Elles ont été élaborées par l’équipe que j’ai créée, l’équipe Padi-A.R.T. Le travail, de type expérientiel, est centré sur les émotions, en particulier sur celles liées à des épisodes de souffrance, sur la prise de conscience du Soi et sur l’écoute de l’Autre.

Padi a permis aussi de sensibiliser les jeunes sur les soins palliatifs. Significatives sont les collaborations avec des équipes de soins palliatifs qui ont parfois du mal à trouver l’espace, le temps et les méthodes les plus adéquates pour offrir un soutien adapté aux plus jeunes impliqués dans le drame familial. Le manque de formation spécifique est souvent une limite ressentie par les opérateurs. D’où, le besoin de compter sur la collaboration de professionnels extérieurs compétents et d’instruments de communication simples mais efficaces.

Le parcours PADI – Mots Murmurés, ne pouvait pas répondre à tous ceux qui en avaient besoin. Pour cette raison, parmi les différents outils imaginés, j’ai écrit le livre interactif « Padi et l’aventure de la Vie ». Le but était d’affronter les sujets délicats comme le diagnostique d’une maladie grave, les émotions de la perte et l’irréversibilité de la mort dans une structure narrative et didactique destinée à des jeunes de 6 à 14 ans.

 

Deanna Rossi et Raffaele Filace interprètent « Padi et l’aventure de la vie »

 

Fin du ballet présenté au Centre pour les familles de Piacenza

 

Illustration de certaines scènes du ballet dont l’origine est dans le livre « Padi et l’aventure de la vie »

 

Parmi les instruments pédagogiques
dans mes programmes de formation : la danse

 

Pourquoi ? Parce que c’est une technique artistique immédiate qui facilite la compréhension et communique directement avec le monde des émotions. C’est ainsi qu’a vu le jour un nouveau support pédagogique : une vidéo avec la lecture dansée du livre, plus des entrevues à de jeunes lecteurs et adultes.

La vidéo avec le ballet « Voulez-vous danser avec Padi » est une ressource didactique pour un adulte qui souhaite dialoguer avec les plus jeunes sur les questions sensibles de la maladie et de la fin de vie dans un langage simple, adapté à notre époque et aux modes de compréhension des jeunes, encourageant la manifestation des émotions et leur partage entre grands et petits.

Mais il est également possible d’utiliser juste la partie du ballet, sans lecture du texte, et d’ouvrir ensuite un échange en classe, en famille, dans un groupe de jeunes sur les émotions ressenties et les interprétations des enfants. Une communication valable, au-delà de la langue parlée par une communauté, peut s’établir. C’est une méthode parfaite pour des enfants non ou mal-entendants et leurs proches.

Ce ballet, en deux parties, a été réalisé grâce à la solidarité de membres de l’Association A.R.T., de la compagnie de danse CAD de Piacenza et du metteur en scène Andrea Canepari.

La vidéo complète a été présentée au 3ème Congrès international francophone de soins palliatifs, à Tunis, en octobre 2015 et reprise par de nombreux participants pour l’appliquer dans leurs réalités nationales, ce qui m’a procuré une grande joie. C’est le but de Padi : essaimer et servir au bien des enfants partout où cela est possible.

 

Commentez et divulguez cette vidéo et cet article ! Merci.

 

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Emmener l’enfant visiter l’être chéri en fin de vie ? Qu’en pensez-vous ?

 

Beaucoup de personnes se posent la question de savoir s’il est bien d’emmener un enfant ou un jeune adolescent visiter une personne gravement malade ou qui se trouve même en fin de vie.

Quelle est la question réelle sous-jacente à ce doute ? Emmener un jeune enfant dans un lieu hospitalier, clinique, maison de repos ou même à son domicile ? La crainte de montrer à l’enfant notre impuissance devant la fin de l’existence désormais inévitable? Laisser voir à l’enfant la transformation physique de l’être aimé, sa maigreur, ses plaies, son handicap, sa dépendance ? Est-ce également la difficulté d’accepter le changement mental, les difficultés cognitives de la personne, ses difficultés à s’exprimer, son manque de mémoire, ses difficultés à reconnaître les proches qui lui rendent visite ?…

 

C’est le jour de l’enterrement. Que faisons-nous ?

 

Ce sont souvent nos propres peurs qui nous freinent dans un rapport sincère avec nos enfants. L’enfant, comme nous l’avons déjà vu, est curieux de nature. Il veut savoir, il veut comprendre et c’est une des conditions fondamentales pour qu’il entre ensuite dans l’acceptation.

Tout dépend naturellement de la relation de l’enfant avec la personne qui arrive à la fin de sa vie. Si elle est importante pour lui, il est indispensable de le préparer à l’événement qui viendra bouleverser sa vie à court, à moyen ou à plus ou moins long terme.

Tout ce que vous arriverez à faire, à expliquer, à vivre avec les enfants de la façon la plus naturelle possible sera autant de souffrance que vous éviterez lorsque le moment sera venu.

Souvent, les familles pensent qu’il est préférable de tenir l’enfant à l’écart de la maladie grave ou de la fin de la vie. L’intention est naturellement de le protéger mais le résultat sera de le fragiliser.

Rappelons-nous que les enfants se rendent parfaitement compte de ce qui se passe autour deux, ils captent une série d’informations qu’ils interprètent à leur façon et parfois de façon erronée. Ils écoutent, entendent des bribes de conversations… Ils  possèdent aussi une intuition bien plus développée que la nôtre, car elle n’est pas encore diminuée par la vision dite rationnelle ou matérialiste de l’adulte.

Si l’enfant n’est pas bien informé, préparé et accompagné, il vivra très mal la mort de la personne qu’il aime. Le fait de pouvoir se rendre auprès d’elle s’il le souhaite, lui tenir la main, lui apporter un dessin, une poésie, ou simplement un verre d’eau permet à l’enfant de se sentir un membre à part entière de son groupe.

Il est important de lui expliquer avec des mots simples les changements qu’il observe et de lui répondre sans mentir à toutes ses questions. Comme toujours, il faut s’adapter à l’âge de l’enfant, à sa sensibilité, à son désir de savoir etc. Ne jamais obliger un enfant, lui laisser le choix. Être à côté de lui et lui faire comprendre que son choix est le bon et qu’il peut aussi changer d’opinion.

 

C’est le jour de l’enterrement. Que faisons-nous ?

 

Enfin lui permettre d’exprimer toutes ces émotions même si elles peuvent paraître parfois excessives. Les émotions retenues ou cachées font partie de tous ces non-dits, ces pas-dits qui vont ensuite empoisonner le parcours de croissance.

Dans cette vidéo je vous donne quelques petites suggestions. N’hésitez pas à commenter et, si vous le voulez, à poser des questions ou à témoigner de votre propre expérience et de celle de vos enfants. Il n’y a pas de remède miracle. Faites confiance à votre cœur et à votre intuition.

 

 

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Une barrière refermée à jamais…

Padi enfant deuil parents cimetière

Ils s’appellaient Ophélia, Loïc, Alan, Yonas, Diogo, Teddy et ils ne sont plus avec nous. Ils étaient dans le bus scolaire. Neuf de leurs amis sont encore en très grand danger.

Et puis il y a les autres, gravement blessés, mutilés, lacérés, choqués… et puis, il y en a encore d’autres, passagers du bus scolaire qui suivait, spectateurs malgré eux d’une tragédie évitée, médusés, bouleversés, terrorisés… Et puis, il y a les parents, les amis, les enseignants, les voisins, les habitants de la ville, des alentours, de la région, brisés, consternés… Et enfin, il y a nous, les inconnus, éloignés de Millas, stupéfaits, émus, impuissants devant leur écran de télévision ou celui de leur ordinateur.

J’ai pris du temps pour écrire et partager avec vous une réflexion, car la hâte est mauvaise conseillère. Il ne nous appartient pas de savoir si la barrière était levée ou fermée, mais de comprendre que la barrière, à jamais refermée, s’est abattue sur leur cœur, coinçant leur mémoire dans ses mâchoires.

Que faire ? Au-delà des blessures du corps, celles de l’âme sont très longues à cicatriser. Un long parcours attend enfants et parents. Il faut du temps, beaucoup de temps. Et rien ne sera jamais plus comme avant.

Que faire ? Se mettre à l’écoute, avec patience, sans forcer, sans questionner. Laisser venir… les mots, les pleurs, les cris, la colère, la douleur, les silences, l’absence. Ne pas juger, ne pas suggérer, ne pas chercher à savoir, permettre aux besoins de s’exprimer, comme ils le peuvent. Rien n’est plus délicat que l’accompagnement de l’Autre. Accompagner signifie aller à la vitesse de l’Autre, là où il choisit d’aller et non là où je crois il serait mieux d’aller.

 

padi enfant doutes angoisse mort

Un accident comme celui-ci porte un traumatisme qui ne s’effacera jamais. C’est un deuil très lourd à porter. Peut-être le premier deuil de ces enfants. Plus fragilisées encore par leur jeune âge, les jeunes victimes de Millas passent par le même sens d’égarement, d’incompréhension, de peurs, d’angoisse que celles des attentats du 13 novembre.

Parfois, les réactions post traumatiques peuvent être différées. C’est une capacité qui appartient à l’enfant et au jeune adolescent de suspendre ses émotions dans le temps et dans l’espace. Faire comme si… mais les émotions confinées réapparaîtront plus tard, et parfois même violemment.

Il est important de respecter chaque enfant et de lui laisser l’initiative de la demande mais l’observation de son comportement, des changements éventuels dans ses réactions, habitudes, goûts etc. est fondamental. C’est naturellement du ressort des parents et des psychologues de la cellule d’aide aux victimes déjà en place à Millas.

Padi enfant cimetière

Et nous qui sommes loin ? Que faire contre une barrière refermée à jamais ?
Envoyer de l’énergie positive, des pensées d’amour et des prières et… ne pas les oublier.

Amanda Castello, auteure de  » Padi et l’Aventure de la Vie « 

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